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"Il était une fois..." Mon confinement par Lucie Bontemps

« Il était une fois,

l’histoire d’une multitude d’humains prétentieux et grouillants de vie. Profitant pleinement de leur temps libre, ils en étaient venus à oublier la valeur d'une vie, allant même jusqu’à se battre pour des futilités dans un monde unique et irremplaçable, et ce sans se préoccuper des conséquences de leurs actes sur cette pauvre planète, qui n'avait d'autre choix que de subir cette méchanceté gratuite.

Suite aux récents événements, ce sont donc des milliards d’humains qui ont dû rester chez eux afin de contenir au maximum cette pandémie, sans forcément comprendre qu’ils auraient pu agir bien avant… Nous nous sommes endormis inconscients et aveugles dans un monde, et nous nous sommes réveillés dans un autre, totalement différent. Beaucoup disent que la nuit porte conseil, mais quel intérêt si toutes ces nuit de confinement ne nous ont pas permis d’ouvrir les yeux ?

Soudainement, la magie a disparu, Paris a cessé d'être la ville de l'amour, et certains ont enfin compris ce que signifiait le mot liberté. Les hommes ont enfin perçu le sens de ces milliers de peuples qui se battaient parfois jusqu’à leur mort pour espérer n’obtenir qu’une once de cette liberté. Cette indépendance, la plupart sont nés avec, ils n’ont pas eu à se battre pour l’obtenir, alors au fond, la méritent-ils vraiment ?

Paradoxalement, étreindre une personne, la cajoler ou juste l'embrasser est devenu un acte dangereux, irréfléchi. Nos gestes les plus tendres sont maintenant des armes réelles, pour ne pas dire fatales. Cesser de se rendre chez ses grands-parents, voir ses amies, instaurer un mur et dresser une distance est dorénavant un signe de respect, une déclaration d'amour. Et les plus éveillés saisissent que la quête de pouvoir et d'argent est inutile, que ce n'est pas elle qui leur procurera suffisamment d'oxygène pour respirer ni assez de nourriture pour survivre.

A vrai dire, le monde continue de vivre sans nous, il va mieux sans notre présence et il est remarquable. La nature reprend ses droits, elle trouve enfin une pause dans cette guerre à sens unique que nous lui imposons, nous, humains. Mais que se passera-t-il lorsque nous sortirons de cette cage ? A la sortie de notre petit nid douillet, et en tant qu’enfants crédules, allons-nous comprendre la morale qui se dresse devant nous ? Nous sommes inquiets face au virus, mais pourquoi ne prenons nous pas peur face aux hommes ? Sommes-nous assez futés pour apprendre de nos erreurs ? Nous sommes certes des créatures incroyables, qui peuvent changer de grandes choses avec labore et constantia mais allons-nous le faire ? Nous avons besoin de cette terre pour vivre, mais elle, elle n’a nullement besoin de notre présence. Nous ne lui sommes pas indispensables, nous sommes le maître de notre destin, mais nous ne sommes pas les maîtres de la terre, nous en sommes ses invités.

Des humains plein de tendresse iraient même jusqu’à affirmer que nous en sommes ses gardiens. Peut-être que nous devrions ouvrir les yeux sur nos actes et accepter nos responsabilités au lieu de vouloir à tout prix trouver et blâmer un coupable. Peut-être que ce drame que nous sommes en train de vivre n’est qu’une énième tentative destinée à nous instruire. Protéger la nature, c’est préserver l’homme ».

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